Alors que les politiques commerciales protectionnistes sont de nouveau au cœur du débat économique mondial, il convient de rappeler que les États-Unis n’en sont pas à leur première expérience en la matière. Bien avant les initiatives de Donald Trump, l’histoire économique américaine s’est déjà appuyée sur des tarifs douaniers élevés pour protéger son industrie naissante.
Au XIXe siècle, sous les présidences d’Andrew Jackson (1829-1837), d’Ulysses S. Grant (1869-1877) et de William McKinley (1897-1901), les États-Unis ont adopté des mesures douanières fortes. Ces politiques protectionnistes visaient à soutenir l’industrialisation rapide du pays, jetant les bases de sa puissance économique. Toutefois, ces succès ne peuvent être attribués uniquement aux tarifs douaniers : l’abondance des ressources naturelles, l’afflux massif d’immigrants et l’esprit d’innovation ont aussi joué un rôle crucial dans la montée en puissance des États-Unis.
Aujourd’hui, des économistes comme Peter Navarro, Scott Bessent et Stephen Miran plaident pour un retour à ces politiques, affirmant qu’elles permettent de rééquilibrer les échanges mondiaux et de renforcer l’économie nationale. Leurs objectifs sont clairs : améliorer la compétitivité des entreprises américaines, relocaliser des emplois et protéger des secteurs stratégiques.
Bien entendu, ces mesures suscitent de vives réactions sur les marchés financiers. On observe parfois de brusques décrochages de Wall Street, provoqués non pas par des facteurs économiques fondamentaux, mais par l’émotivité d’une nouvelle génération de petits investisseurs, souvent jeunes et engagés dans le day trading via des applications mobiles. Cette volatilité soudaine illustre une forme contemporaine de "ordo ab chao" – l’ordre qui émerge du chaos –, où l’agitation passagère des marchés laisse progressivement place à un nouvel équilibre.
Dans ce tumulte, les grands gagnants ont été les investisseurs avisés qui ont su profiter des replis brutaux pour acheter des titres boursiers à prix cassés. En misant sur une reprise à moyen terme, ils ont transformé la panique des uns en opportunité stratégique, réalisant de solides gains à la faveur des hausses qui ont suivi.
Malgré les turbulences à court terme, les marchés tendent à se stabiliser à mesure que les politiques sont intégrées et que les acteurs économiques s’adaptent. Comme dans le passé, une fois la poussière retombée, c’est l’ordre économique qui reprend le dessus — avec, à la clé, des opportunités bien réelles pour ceux qui savent lire entre les lignes.
THE RETURN OF PROTECTIONISM: AN OLD AMERICAN RECIPE REVIVED
As protectionist trade policies once again take center stage in the global economic debate, it's worth remembering that the United States has been down this road before. Long before Donald Trump's initiatives, American economic history had already relied on high tariffs to protect its fledgling industry.
In the 19th century, during the presidencies of Andrew Jackson (1829–1837), Ulysses S. Grant (1869–1877), and William McKinley (1897–1901), the U.S. adopted strong tariff measures. These protectionist policies aimed to support the country’s rapid industrialization, laying the foundation for its economic power. However, these successes can't be solely attributed to tariffs: abundant natural resources, massive immigration, and a spirit of innovation also played key roles in the United States’ rise.
Today, economists like Peter Navarro, Scott Bessent, and Stephen Miran advocate for a return to such policies, arguing they help rebalance global trade and strengthen the national economy. Their goals are clear: boost the competitiveness of American businesses, bring jobs back home, and protect strategic sectors.
Of course, these measures provoke strong reactions in financial markets. Sharp drops on Wall Street are sometimes triggered—not by underlying economic fundamentals—but by the emotional responses of a new generation of small investors, often young and engaged in day trading through mobile apps. This sudden volatility reflects a modern form of ordo ab chao—order from chaos—where the temporary turmoil of the markets gradually gives way to a new equilibrium.
Amid this upheaval, the big winners have been savvy investors who seized sharp pullbacks as opportunities to buy stocks at bargain prices. By betting on a medium-term rebound, they turned others’ panic into a strategic advantage, reaping solid gains as markets recovered.
Despite short-term turbulence, markets tend to stabilize as policies are digested and economic actors adjust. As in the past, once the dust settles, economic order regains control—bringing with it real opportunities for those who know how to read between the lines.